Epicondylite /épicondylalgie n’est pas une pathologie inflammatoire.

Epicondylite

L’épicondylite touche +/- 5% de la population française.

Le traitement d’une épicondylite au cabinet de la tendinite comprend 3 étapes simultanées.

– Un traitement local de la tendinite du coude -épicondylite- consiste à stimuler la cicatrisation tendineuse ce traitement est associé à des pressions digitales de points périostés, sur et autour de la zone d’insertion osseuse.

– L’étape régionale consiste à adapter le tendon à la traction. Il s’agit d’un renforcement musculaire excentrique. Ce travail excentrique doit être effectué en frein. A ce renforcement sont associés des auto-étirements et des étirements dont le but est de renforcer le formatage tendineux et la proprioception.

– La 3ème étape du traitement d’épicondylite -tendinite du coude- est en effet la correction globale du geste et de la position du membre supérieur par rapport au tronc dont le point de verrou se situe au niveau de la ceinture scapulaire.
Les scapulas -omoplates- sont en effet des os par où passent les forces disponibles au niveau des membres supérieurs.

Lors d’un geste en force, notamment en traction, l’efficacité maximum est obtenue en flessum des genoux, triple courbure rachidienne, verrouillage scapulaire et coudes fléchis.

A l’inverse en position genoux tendus, cyphose rachidienne et coudes tendus, les scapula savonnent entraînant une fatigabilité et une usure tendineuse d’autant plus importante que le geste nécessite une pronation.

Le but va donc être de redonner un mode d’emploi correct de la gestuelle pour un usage en force ou en endurance des membres supérieurs en traction.


L’épicondylite

Il s’agit d’une pathologie de surmenage tendineux, d’hyper-utilisation, qui entraine des micro ruptures des structures collagéniques principalement dans le tendon du court extenseur radial du carpe.
La réponse cellulaire va être soit physiologique avec restitution  ad integrum après remodelage progressif du tendon favorisé par l’activité, soit pathologique avec dégénérescence tendineuse et l’entrée dans le cycle de la tendinose.
En fait, la qualité de la réponse dépend de l’apport en oxygène et en nutriments par la microcirculation locale. Cette réponse diminue avec l’âge.

L’entrée dans le cycle de la tendinose se fait de façon insidieuse et silencieuse. Elle précède l’apparition des symptômes -douleur ou rupture tendineuse-.

On sait depuis des études histologiques effectuées sur des fragments tendineux de patients opérés puis par de nombreux autres auteurs, qu’il existe une hyperplasie angiofibroblastique c’est à dire une prolifération fibroblastique et une prolifération vasculaire.
Il y a également une production d’un collagène anormal avec des fibres fragmentées, non orientées dans le sens de la traction, sans liens inter-fasciculaires avec une augmentation du ratio collagène type III / type I.
Ce qu’il y a d’étonnant c’est qu’il n’existe aucune cellule inflammatoire au sein des tendons opérés.
La douleur n’est donc pas une réaction inflammatoire et les termes « épichondylite » et « épitrochleïte » sont impropres.

L’examen clinique est la clé du diagnostic de l’épicondylite.


30 août 2017 - 15 h 13 min

Traitement de l'épicondylite