Les tendinites du poignet et de la main

Tendinite-du-poignet

Sous ce terme sont regroupées les tendinites ou ténosynovites des extenseurs ou des fléchisseurs dans la région du poignet, et la tendinite de De Quervain. Il semble y avoir très peu d’études centrées sur la fréquence ou des facteurs de risque de ces affections en milieu du travail.

Les tendinites et les ténosynovites sont observées lors de mouvements répétés et rapides de flexion et d’extension du poignet à faible charge ou plus lents avec charges lourdes.
Les tendinites du poignet-main sont favorisés par les activités de travail suivantes :

  • soudage,
  • polissage,
  • noyautage,
  • boucherie, volailles,
  • travaux des femmes de chambre…

Elles comportent une douleur à la flexion ou extension contrariée du poignet et à l’examen palpatoire on retrouve une douleur à la pression le long du trajet du tendon concerné.

Les ligaments tiennent les tendons en place au poignet, soit en maintenant la gaine tendineuse en place, soit en formant des compartiments où se faufilent les tendons. Le premier compartiment dorsal du poignet peut être étroit, et cet espace réduit peut entraîner la friction, causant l’inflammation et l’enflure des tendons.

Ainsi, par exemple, les tâches professionnelles qui demandent des mouvements vigoureux et répétitifs peuvent donner lieu à de la friction dans le premier compartiment dorsal du poignet. L’existence d’une relation entre la tendinite poignet-main et une exposition en milieu de travail concorde avec les connaissances actuelles au sujet du mécanisme d’apparition de cette maladie.

La tendinite de De Quervain

tendinite-de-de-quervain

La tendinite de De Quervain n’est pas une inflammation simplement des tendons mais des tendons et de la synoviale.

Elle s’attaque à la gaine de tendon qui se prolonge au-dessus du poignet vers le pouce. L’inflammation débute souvent à l’occasion d’un changement d’activité, d’un choc ou d’une utilisation inhabituelle. Les tendons et leurs gaines augmentent de volume dans la poulie qui est inextensible. Ses causes les plus courantes sont une torsion excessive du poignet ou d’autres mouvements répétitifs. Les frottements augmentent donc et c’est ainsi que l’inflammation s’auto-entretient.
Cette tendinite atteint le plus souvent la femme à partir de la cinquantaine. Les mouvements fréquents et répétés du pouce, et en particulier de la pince pouce-index comme il est classique de les constater chez les couturières, mécaniciens, kinésithérapeutes, assistantes de direction, représentent une cause favorisante de cette tendinite. Dans certains cas, une polyarthrite rhumatoïde peut être en cause.

Il s’agit de l’inflammation des tendons du court extenseur et du long abducteur du pouce au niveau d’une coulisse ostéo-fibreuse sur le bord du poignet. La prédominance féminine est nette et l’age de survenue habituel se situe souvent entre 40 et 50 ans.

La physiopathologie correspond a un conflit entre le contenu (les tendons) et le contenant, avec un épaississement et une sténose de la coulisse ostéo-fibreuse qui entoure le long abducteur et le court extenseur du pouce. L’autre mécanisme, est celui d’une coulisse dédoublée, totalement ou partiellement, ou de l’existence de multiples tendons, 2 a 5 pour le tendon du long abducteur et 2 tendons pour le court extenseur.
C’est essentiellement une douleur située au bord externe du poignet. Cette douleur apparaît progressivement en quelques semaines et parfois brutalement. Cette tendinite gêne considérablement les mouvements du pouce avec une douleur qui peut devenir très vive et très invalidante avec des irradiations douloureuses vers l’avant bras. Il existe fréquemment un gonflement entourant les tendons au bord externe du poignet.
La mobilisation du pouce vers l’annulaire avec une flexion palmaire et inclinaison cubitale du poignet met en tension ces tendons et réveille la douleur : test de Finkelstein, pathognomonique de cette tendinite.

Tendinite-quervain-et-test-finkelstein

La ténosynovite du fléchisseur du doigt encore appelé doigt à ressort ou tendinite à ressaut

Elle se traduit par des douleurs avec un accrochage caractéristique ou un blocage complet du doigt en extension ou en flexion.
Il peut exister une raideur articulaire en flexion de l’articulation intermédiaire (inter-phalangienne proximale), et les tendons peuvent également s’abîmer au point de nécessiter une réparation spécifique.
L’affection touche plutôt le pouce, le majeur et l’annulaire, mais tous les doigts peuvent être atteints. Une protrusion ou un épaississement de la gaine du tendon provoque le blocage du doigt en position recourbée. Cet épaississement est favorisé par les gestes répétitifs, plus rarement par les maladies rhumatismales comme la polyarthrite rhumatoïde.
Le syndrome du canal carpien peut être considéré comme un facteur favorisant.

Tendinite du cubital antérieur – fléchisseur ulnaire du carpe

Le fléchisseur ulnaire du carpe après être passé en avant de la styloïde cubitale, s’insère sur la partie supérieur du pisiforme, puis donne des rameaux accessoires sur les ligaments annulaires, l’hamatum -os crochu, les 4ème et 5ème métacarpes.
En sport, plusieurs disciplines peuvent être concernées comme les sports de raquettes avec notamment la technique de chope en flexion adduction, et tous les sports de préhension tel que l’escalade.

A l’examen clinique :
On retrouve une douleur du bord antéro-interne du poignet, avec la présence d’un œdème et surtout d’une douleur à la palpation du bord radial.
On retrouve une douleur à l’étirement en extension, abduction du poignet ainsi que lors du testing isométrique en contre résistance manuelle ; en flexion adduction telle qu’en réalise par exemple la gestuelle de la main gauche du violoniste.

Tendinite du grand palmaire – flechisseur radial du carpe

Le grand palmaire, qui revêt une configuration tendineuse au tiers inférieur de l’avant-bras, doit être évoqué systématiquement chez les grimpeurs face à toute douleur du bord antéro-externe du tiers inférieur de l’avant-bras.

A l’examen clinique :
Je retrouve une douleur palpatoire, avec parfois une tuméfaction à proximité de la tabatière anatomique et une douleur à la mise en tension passive du grand palmaire, et du poignet en extension forcée.
Cette douleur est reproduite lors de la contraction isométrique en flexion contrariée de l’index et du majeur.
Biomécaniquement, le grand palmaire incline le poignet à 30°.
Lors d’une tendinite du grand palmaire on recherche la présence d’une arthrose scapho-trapézo-trapézoïdienne associée.

Tendinite de l’extenseur radial du carpe – tendinite des radiaux.

C’est une ténosynovite avec douleur à l’extension contrariée du poignet et à la pression du tendon. La douleur siège à la base des 2ème et 3ème métacarpiens.

Tendinite du long extenseur du pouce

Elle survient habituellement sur des tendons dégénératifs après traumatismes répétitifs ou au décours de fracture du poignet traitée orthopédiquement ou chirurgicalement. Il existe un risque important de rupture c’est pourquoi le diagnostic et le traitement doivent être précoces.

La tendinite du long supinateur encore appelé la styloïdite radiale

Il s’agit d’une tendinite d’insertion pure du long supinateur. La douleur de la tendinite du long supinateur/brachio-radial se manifeste surtout par des signes douloureux à la palpation de la styloïde radiale. Contrairement à la ténosynovite de De Quervain la douleur n’est pas déclenchée par la mobilisation de la colonne du pouce notamment lors de la manœuvre de Finkelstein.


  • Les lésions attribuables au travail répétitif, LATR: ouvrage de référence – Mats Hagberg, Ilkka Kuorinka – Editions Multi-Mondes IRSSR – 1995 – p66
  • Pathologie d’hypersollicitation périarticulaire des membres supérieurs – Gérard Lasfargues – Masson – 2003 -P20
  • La main traumatique du sportif – Caroline Leclercq – 2001 – MASSON – P154
  • Médecine du sport – Hugues Monod, Pierre Rochcongar – 2009 -MASSON – P422

Tendinite au poignet et à la main

Docteur tendiniteLa tendinite du poignet et la tendinite de la main