Qu’est-ce qu’une infiltration
de cortisone ?
L’infiltration est l’injection de produits dérivés de la cortisone dans une articulation ou en regard d’une structure anatomique — tendons, muscles, ligaments. La cortisone est une hormone naturelle dotée d’excellentes propriétés anti-inflammatoires.
Elle agit sur 3 niveaux : les inflammations, les défenses immunitaires (allergies), et le métabolisme des sucres — d’où la prudence nécessaire chez les patients diabétiques.
L’infiltration sera utilisée en dernier recours après avoir fait d’autres traitements adaptés — jamais dans le tendon lui-même, mais au pourtour. Les meilleures indications sont les ténosynovites et les enthésopathies.
« On ne peut être fondamentalement contre — mais on sait parfaitement par expérience que cela ne sert à rien sur la durée, tant qu’on n’a pas soigné la cause. »
✓ Ce que la cortisone a pour elle
Les inconvénients
de la cortisone.
Diabète
Augmente le taux de sucre dans le sang — peut révéler un diabète latent ou déséquilibrer un diabète existant. Le déséquilibre est transitoire (2-3 semaines) si les infiltrations ne sont pas trop répétées.
Rétention d’eau et de sel
Peut poser problème en cas d’hypertension ou d’insuffisance cardiaque — exceptionnel dans le cadre d’une infiltration unique, mais à surveiller chez les patients à risque.
Atrophie cutanée
Si injecté trop superficiellement ou trop souvent au même endroit — peau décolorée, amincie, d’aspect fragile sur une petite zone. Préjudice esthétique surtout.
Effets catabolisants
Sur les tendons plats (muscles épicondyliens) et tendons ronds — risque de rupture tendineuse si l’injection est faite dans le tendon lui-même et non en périphérie.
Récidive fréquente
La cortisone traite l’inflammation — pas la cause. Tant que la cause n’est pas traitée, la récidive est inévitable. C’est là que l’infiltration montre ses limites les plus importantes.
Le chiffre
4infiltrations maximum
recommandées dans
une même épaule.
Autant régler la cause avant.
Douleur après
l’infiltration —
normale ou pas ?
Une réaction douloureuse survient assez fréquemment après l’infiltration. Les corticoïdes sont sous forme de petits cristaux qui se dissolvent progressivement sur une semaine — d’où un effet retard, mais aussi une possible irritation locale si la suspension ne se répartit pas correctement.
Chaque infiltration doit trouver sa justification dans un diagnostic de causalité et de mécanisme — pas simplement parce que c’est douloureux.
⚠️ Signe d’alerte
Une douleur qui apparaît à distance (1 semaine ou plus) de l’infiltration, à début insidieux — consultez sans hésiter. C’est très rare mais peut signaler une infection (1 cas sur 10 000 à 50 000 gestes).
⏱️ Selon la durée de la douleur
✓ Douleur 1-2 jours → Normal
Réaction microcristalline — cristaux irritants pendant leur dissolution. Disparaît spontanément en 24 à 72h. L’amélioration attendue suit ensuite.
⚠️ Douleur plusieurs jours → 4 cas possibles
① Infiltration traumatisante — tendon abîmé
② Lésion qui continue à s’aggraver
③ Indication thérapeutique inadaptée
④ Infection (très rare — 1/10 000 à 1/50 000)
🚨 Douleur une semaine après → Consultez
Début insidieux et tardif — signe possible d’infection. Rare mais à ne pas négliger.
💊 Les corticoïdes utilisés
En cas de diabète insulino-dépendant, un corticoïde à demi-vie courte est préférable pour limiter le risque de déséquilibre glycémique.
On vous a proposé
une infiltration ?
Cochez votre situation — je vous oriente vers la meilleure décision pour vous.
On m’a proposé une infiltration et je veux d’abord essayer autre chose
Préserver mes cartouches · Traiter la cause d’abord
J’ai déjà eu des infiltrations mais la douleur revient
Récidive · La cause n’a pas été traitée
Je veux comprendre si mon cas justifie vraiment une infiltration
Ténosynovite · Enthésopathie · Bonne indication ou pas ?
Cochez les situations qui vous correspondent.

Fabien Claude-Storz