Diabète et capsulite rétractile de l’épaule

Les complications ostéoarticulaires du diabète sont fréquentes et diverses. Certaines sont la conséquence de l’hyperglycémie chronique.

capsulite rétractile La capsulite rétractile de l’épaule domine ce type de complications car la gêne fonctionnelle qu’elle peut occasionner est souvent intense et son évolution peut être très longue.

Il existe différents type de diabète :

Le diabète de type 1 : 
Diabète dont la forme la plus fréquente est la conséquence d’une maladie auto-immune par la destruction de Cellule bêta des îlots de Langerhans du pancréas – synthétisant l’insuline-.
Le diabète de type 1 est le plus souvent un diabète insulinodépendant. C’est la cause la plus fréquente de diabète chez l’enfant, mais il peut survenir à tous les âges.

Le diabète de type 2 s’observe le plus souvent chez des individus en surpoids ou obèses, qui ont des antécédents familiaux de diabète de type 2.
Chez la femme, cela a parfois été précédé de diabète gestationnel -diabète transitoire pendant les grossesses-.
Le diabète de type 2 est le plus souvent non-insulino dépendant, mais un traitement par insuline peut être nécessaire pour la maîtrise de l’équilibre glycémique.

Le diabète gestationnel est un diabète qui apparaît pour la première fois chez certaines femmes au cours de leurs grossesses. Il se caractérise par une intolérance au glucose due à la production d’hormones placentaires, provoquant une insulino-résistance qui entraîne une hyperglycémie.

Les diabètes secondaire :
pathologie du pancréas : pancréatite, cancer du pancréas, mucovicidose…
pathologie endocrine : hyperthyroïdie, syndrome de Cushing,
pathologie hépatique (du foie) : cirrhose, hépatite C, hémocromatose
à une prise de médicaments en particulier les corticoïdes, les diurétiques, les immunosuppresseurs.

La capsulite rétractile d’un diabétique

L’épaule du diabétique

La pathologie de l’épaule chez le diabétique est dominée par la capsulite rétractile. Cette forme particulière d’épaule douloureuse est plus fréquente chez le diabétique que dans la population générale.

La capsulite rétractile du diabétique

La définition de la capsulite rétractile repose sur des critères diagnostics cliniques, radiologiques et anatomiques.

Cliniquement, il existe une vraie perte d’amplitude des mouvements passifs prédominant sur la rotation externe et l’antépulsion, avec une sensation de blocage, d’un frein. Cette notion clinique est très importante car elle permet pratiquement d’affirmer le diagnostic de capsulite rétractile. Cette limitation vraie des mouvements passifs de l’épaule est bien entendu difficile à affirmer en début d’évolution et pendant plusieurs semaines, le tableau peut être proche d’une épaule douloureuse simple banale. Cette constatation clinique est nécessaire mais non suffisante.

La radiographie permet d’éliminer les autres pathologies susceptibles d’entraîner une raideur de l’épaule : arthrose gléno-humérale, arthrites, calcifications d’hydroxyapatite, cicatrices chirurgicales ou séquelles post traumatiques, tumeurs loco-régionales, luxation postérieure etc…
Lors d’une arthrographie on constate une diminution de la capacité articulaire

Lors d’un IRM avec contraste spontané pour une capsulite rétractile :

– Œdème médullaire
– Ligament gléno-huméral inférieur épaissi
– Intervalle des rotateurs est comblé
– Une bursite au niveau des Tendons de la coiffe

IRM après gadolinium
– Synovite
– Ligament gléno-huméral inférieur augmenté
– Intervalle rotateurs : augmenté
– Une bursite au niveau des tendons de la coiffe

Les capsulites rétractile de l’épaule suivent un cycle :

  •  une phase douloureuse pendant laquelle la limitation est discrète, puis l’installation progressive de la raideur articulaire pendant que la douleur croît et atteint un plateau,
  • une baisse du seuil de la douleur tandis que l’enraidissement devient maximum, constituant le stade d’épaule gelée qui s’accompagne souvent d’une amyotrophie due à l’hypomobilité,
  • une récupération progressive de la mobilité, pouvant durer plusieurs mois, qui aboutit à un restitutio ad integrum . ou presque de l’articulation dans la forme idiopathique et beaucoup plus rarement chez le diabétique.

Certains auteurs ont assimilé la capsulite rétractile d’épaule à une algodystrophie compte tenu de la parenté du tableau clinique dominé par la rétraction capsulaire. Actuellement, beaucoup la considèrent comme un syndrome une entité anatomo-clinique particulière, secondaire à certaines circonstances pathologiques (diabète, traumatisme, algodystrophie et ses causes, hyperthyroïdie, certains médicaments etc.).

La forme idiopathique de la femme de la cinquantaine, dite capsulite -primitive-, constituerait l’expression la plus pure de ce syndrome.
Rappelons que dans l’algoneurodystrophie on retrouve sur les clichés radiographiques standard une déminéralisation mouchetée et à la scintigraphie osseuse une hyperfixation locorégionale observées dans l’algoneurodystrophie de l’épaule et restent assez spécifiques et se rencontrent assez rarement dans les autres étiologies de capsulite, notamment dans la forme idiopathique.

La capsulite diabétique revêt des particularités cliniques par rapport aux autres capsulites :

-il s’agit souvent de formes sévères,
-d’évolution prolongée,
-possibilité de récidives, laissant assez fréquemment une raideur séquellaire conséquente en fin d’évolution.

Cliniquement, le cycle évolutif de la maladie, si stéréotypé dans les formes idiopathiques, est ici plus irrégulier, la maladie évoluant volontiers par poussées douloureuses avec de vraies récidives possibles à distance. La limitation souvent très importante et la douleur nocturne constituent des facteurs importants de handicap fonctionnel. Le diabétique peut être gêné pour faire ses injections d’insuline et effectuer les gestes de la vie quotidienne.

L’évolution des capsulites diabétiques est souvent plus longue que celle des formes idiopathiques, pouvant dépasser 18 mois ou 2 ans, sans compter d’éventuelles récidives.

La limitation résiduelle des mouvements porte surtout sur l’abduction, l’antépulsion et la rotation externe du bras. Les évolutions favorables sont néanmoins possibles mais l’épaule reste globalement limitée malgré une disparition de la douleur.


11 novembre 2017 - 10 h 06 min

Capsulite rétractile avec un diabète