La tendinite chez l’enfant est rare par contre il peut s’agir d’un traumatisme tendineux.

Il ne faut pas parler de tendinite chez l’enfant mais plutôt d’ostéochondroses de croissance également appelées ostéochondrites ou apophysites.

tendinite chez l'enfantLe tendon de l’enfant est jeune et souple ; il résiste bien à la mise en tension.

Les tendinites chez l’enfant sont exceptionnelles.

Le tendon de l’adulte est plus raide et plus cassant. En cas de surutilisation, il souffre volontiers de microdéchirures à l’origine de tendinite. Chez l’adulte, l’os peut être comparé à un mur de béton dans lequel est scellée une ficelle (le tendon musculaire). Si cette ficelle est soumise à des tractions intenses, brutales et répétées, c’est elle qui souffrira : l’adulte aura une tendinite, une élongation ou un claquage. Chez le jeune sportif, l’os à proximité des articulations est en pleine croissance ; il est encore cartilagineux et fragile. À force de tractions, il finit par être victime de micro-fissures au point d’insertion des tendons.

Pour un organisme en croissance, l’os est assimilable à un mur de plâtre dans lequel est planté un clou (le cartilage) et sur lequel est fixée une ficelle (le tendon). Si l’ensemble est soumis aux mêmes tractions intenses et brutales, c’est le clou qui souffrira à des degrés divers (mobilité du « clou» et effritement du plâtre à son contact donnant des signes de morcellement, de fragmentation du cartilage voire d’arrachement). Dans le langage médical, on parle «­d’ostéochondrose­» : «ostéo» pour os, «­chondro» pour cartilage et «ose» pour microlésion mécanique.

Là où l’adulte aura une tendinite, l’enfant aura une ostéochondrose c’est-à-dire un trouble de l’ossification de certains cartilages de croissance soumis à des efforts excessifs, brutaux et répétés en tractions ou compressions, surtout des membres inférieurs et du dos en appels et réceptions de sauts, changements brutaux de direction, départ de sprint, shoots, moins souvent des membres supérieurs. Les ostéochondroses représentent 80% des micro-traumatismes chroniques de l’enfant.

Les localisations de ces tendinites/ ostéochondroses possible sont nombreuses :

  • Coude : des atteintes peuvent aussi exister chez de jeunes joueurs de tennis, lanceurs de javelots et chez des gymnastes.
  • Rachis : avulsion chondro-discale donnant des encoches aux coins antérieurs des vertèbres, enfoncement des plateaux de croissance conduisant à une déformation en coin des vertèbres (cunéïformisation) et à des déformations invétérées en cyphose.
  • Bassin : arrachements de l’épine iliaque antérieure ou de la tubérosité ischiatiques. ll donne un tableau de déchirure musculaire. A distance, ils peuvent laisser des calcification qui, chez l’adulte, peuvent ressembler à des images de cancer des os. Il est donc important d’en bien prévenir le patient et de noter l’accident dans le carnet médical.
  • tendinite du genou enfantGenou : au niveau de la tubérosité tibiale antérieure, la maladie d’Osgood-Schlatter, pointe de la rotule, condyles fémoraux (polyostéochondromatose). 
Elle se situe juste sous le genou, à l’endroit où le quadriceps, muscle le puissant de la cuisse s’accroche. Cette blessure porte le nom de « maladie d’OSGOOD SCHLATTER » comme le nom des 2 médecins qui ont décrit pour la première fois cette blessure. La polyostéochondromatose du jeune enfant est d’évolution généralement favorable. L’ostéochondrite disséquante est d’apparition plus tardive et peut libérer un petit fragment ostéocartilagineux dans l’articulation, source de douleurs et de blocages.
  • Pied : calcanéum (talalgie de Sever), scaphoïde tarsien, scaphoïde accessoire, tête du 2ème métatarsien, sésamoïde interne, base du 5ème métatarsien. Mais, l’âge de survenue est fonction de l’emplacement des poussées de croissance qui fragilise le cartilage qui grandit. Ainsi, la « maladie de SEVER » apparaît plus volontiers vers 9 ou 10 ans car le talon grandit beaucoup, celle de « SINDING LARSEN JOHANSON » vers 11 ou 12 ans et celle d’ «OSGOOD SCHLATTER» vers 14 à 16 ans.

Les signes à rechercher impérativement

  • La fièvre ou une altération de l’état général
  • Un réveil nocturne
  • Une fonte musculaire -amyotrophie-
  • Un gonflement articulaire
  • Une adénopathie (ganglions lymphatiques), la rate est normale.
  • Un bilan biologique avec une numération de la formule sanguine, la vitesse de sédimentation et une C-Reactive Protein (à la recherche d’un signe infectieux, inflammatoire ou d’une leucémique).

Le traitement de l’ostéochondrose de croissance

Le traitement sera de supprimer les contraintes mécaniques.
30 août 2017 - 15 h 13 min
Tendinite chez l'enfant